Recherche en bref : Développer l’attention des politiques par la méditation laïque
Pression permanente, flux continu d’informations, agendas surchargés, décisions dans l’urgence… À l’Assemblée nationale, prendre du recul peut devenir un véritable défi. Et si la méditation laïque de pleine conscience offrait aux députés et assistants parlementaires des outils pour mieux faire face à cet environnement exigeant ?
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C’est la question explorée par une étude menée par les enseignantes-chercheuses de l’IÉSEG School of Management Julie BAYLE-CORDIER et Caroline RIEU PLICHON, avec Solenn TYNEVEZ, diplômée de l’IÉSEG, en collaboration avec le think tank Initiative Mindfulness France.
L’objectif : comprendre comment des députés et assistants parlementaires ayant suivi un programme de réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) perçoivent son impact sur leur vie professionnelle et personnelle, ainsi que sur leur manière de décider.
Quand la recherche IÉSEG rencontre la pleine conscience

Cette recherche est le fruit d’une collaboration avec Initiative Mindfulness France, qui œuvre notamment à faire connaître les apports de la pleine conscience auprès du monde politique. Entre 2018 et 2021, huit cycles MBSR ont été proposés à l’Assemblée nationale, réunissant 77 participants, dont 42 députés et 31 assistants parlementaires. L’étude qualitative s’appuie sur douze entretiens approfondis avec des participants du programme.
Se recentrer pour mieux décider ?
Julie BAYLE-CORDIER note que les témoignages font émerger trois bénéfices individuels majeurs : une meilleure concentration, une capacité accrue à prioriser et un rapport plus apaisé au temps et à l’incertitude.
Dans un environnement marqué par des sollicitations permanentes, prendre du recul devient précieux. Comme le résume une assistante parlementaire : « La Pleine conscience aide à se calmer et, par conséquent, à être plus concentré. »
Une députée décrit également une évolution concrète dans sa manière de travailler : « Je m’éparpille moins, je choisis mes combats, je choisis les sujets. »
Une « bulle » au-delà des clivages
L’étude met aussi en évidence une dimension collective. Les séances ont créé un espace où les rôles et oppositions politiques pouvaient momentanément s’effacer. Une participante décrit ainsi une « bulle », un moment « en dehors du temps politique », où « tout était laissé de côté ». Les participants évoquent également davantage de bienveillance, de confiance et de qualité dans les relations interpersonnelles, y compris entre députés de partis différents.
Vers une nouvelle façon de travailler ?
L’étude met également en lumière plusieurs freins à l’adoption de la pleine conscience. Malgré un intérêt croissant, la pratique reste parfois associée à une image jugée « étrange », voire « loufoque », particulièrement dans l’univers politique.
Face à ces freins, les chercheurs mettent en avant que la légitimation de la pratique apparaît comme un levier essentiel : la caution de figures reconnues, telles que le psychiatre Christophe André, qui était présent à l’Assemblée nationale pour présenter les bienfaits scientifiques de la pratique a contribué à renforcer la crédibilité de cette pratique auprès des parlementaires.
L’étude recommande ainsi de poursuivre la sensibilisation, développer la recherche, garantir la qualité de la formation des instructeurs et soutenir la pratique dans la durée.
Découvrez l’étude sur le site de l’IMF.
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