En bref : des chercheurs étudient l’impact du turnover des collaborateurs en audit dans les entreprises privées

Date

18/08/2026

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Audit

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Le taux de rotation (ou turnover) des collaborateurs dans les cabinets d’expertise comptable constitue depuis longtemps un défi pour la profession, et ces difficultés se sont intensifiées ces dernières années. Pourtant, il restait encore à déterminer si les problématiques liées au turnover des employés, notamment son impact potentiel sur la qualité de l’audit, concernaient également les audits d’entreprises privées, qui dominent le paysage européen de l’audit et qui se caractérisent par des risques plus faibles en matière de contentieux et de réglementation. Pour répondre à cette question, une équipe internationale de chercheurs a étudié les données provenant de 27 cabinets d’audit belges ainsi qu’un large échantillon d’audits réalisés principalement auprès d’entreprises privées, sur une période de 8 ans, de 2009 à 2017.


Comprendre les conséquences du turnover des collaborateurs est essentiel à la fois pour les cabinets d’audit, en matière de gestion des ressources humaines, et pour les autorités de régulation qui cherchent à garantir une qualité d’audit constante. Les perturbations du processus de réalisation des audits peuvent avoir un impact significatif sur la fiabilité de l’information financière.

« Si certains types de turnover, tels que les départs volontaires, s’avèrent systématiquement nuire à la qualité de l’audit, cela suggère que les organismes de normalisation et les autorités de régulation pourraient avoir à renforcer les obligations de transparence ou affiner la supervision du contrôle qualité », indiquent les auteurs dans leur étude.

Dans leur recherche*, les chercheurs issus de IÉSEG School of Management, d’Audencia Business School (France), de la Vrije Universiteit Brussel (Belgique) et de Florida State University (États-Unis) ont analysé un panel de cabinets d’audit belges.

Ces entreprises étaient tenues de déposer des déclarations relatives à leur capital humain (comprenant notamment le nombre total de salariés, les recrutements et les départs), ce qui a permis aux chercheurs de recueillir des données précises sur le turnover. Ces données incluaient également les raisons des départs des collaborateurs, permettant ainsi de distinguer et de comparer les effets des départs volontaires et des licenciements.

Les résultats montrent l’existence d’un lien négatif entre le turnover des collaborateurs et la qualité de l’audit dans un environnement dominé par les entreprises privées : autrement dit, une augmentation du turnover entraîne une diminution de la qualité de l’audit. Ces résultats confirment ceux d’études précédentes portant sur des entreprises cotées aux États-Unis.

Cependant, l’étude révèle que tous les types de turnover n’ont pas les mêmes conséquences sur la qualité de l’audit.

Plus important encore, la relation négative observée est principalement due aux départs volontaires et aux niveaux anormalement élevés de turnover, tandis que les licenciements ne présentent « aucune association négative et pourraient même être liés à une amélioration de la qualité de l’audit ». Cela suggère que les licenciements reflètent probablement des mécanismes de contrôle qualité plutôt que des perturbations au sein des équipes d’audit.

« Fait intéressant, nous avons constaté que certains cabinets d’audit ont une meilleure capacité à absorber les effets négatifs des départs de collaborateurs sur la qualité de l’audit. Cela se produit notamment lorsque le nombre d’associés en audit est plus élevé par rapport au nombre de salariés, et lorsque les collaborateurs qui partent sont rapidement remplacés », explique Linde Kerckhofs, l’une des coautrices de l’étude et professeure à l’IÉSEG.

Implications pour les cabinets et les autorités de régulation

Cette étude fournit des enseignements utiles pour les cabinets d’audit. En reconnaissant que les différents types de turnover ont des effets distincts, les cabinets peuvent mettre en place des stratégies de fidélisation ciblées afin de réduire les départs volontaires et les niveaux anormalement élevés de turnover. Les discussions sur la gestion des talents dans l’audit devraient aller au-delà de la simple mesure du turnover pour examiner quels employés partent, pourquoi ils partent, et comment les cabinets réagissent.

Pour les autorités de régulation, ces résultats suggèrent que la transparence et la responsabilité pourraient être renforcées en imposant la publication annuelle du turnover au niveau des cabinets ainsi que d’autres indicateurs liés au capital humain.


*Pour en savoir plus, voir l’article complet :

Audit Firm Employee Turnover: Implications for Audit Quality (Auditing: a journal of practice and theory, 2026) Linde Kerckhofs, IÉSEG; Christophe Van Linden, Audencia Business School; Marie-Laure Vandenhaute, Vrije Universiteit Brussel; Aleksandra B. Zimmerman, Florida State University.



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