Cap sur 2026 : IA, cyber, coaching… la vision de nos experts

4 professeurs intervenant en formation continue à l’IÉSEG partagent leurs idées et vision des tendances et questions clés pour les leaders en 2026 allant de l’évolution de l’IA, à la cybersécurité ou encore le coaching…

Date

26/01/2026

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4 min

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Intellegence Artificielle – Loïc PLÉ & Jonas DEBRULLE

l’IA s’imposera de plus en plus comme la colonne vertébrale des organisations..

En 2026, l’IA s’imposera de plus en plus comme la colonne vertébrale des organisations, structurée autour de quatre principes clés et complémentaires que nous avons définis dans notre ouvrage “Mastering AI for Strategic Business Success”.

Tout d’abord, l’IA jouera un rôle d’analyste stratégique, transformant la capacité des entreprises à collecter et à décrypter des signaux de marché complexes et à fonder leurs décisions sur des preuves solides. Ensuite, l’IA deviendra un véritable facilitateur stratégique. Cela signifie qu’elle accélérera la mise en œuvre opérationnelle grâce à l’automatisation intelligente, créant de nouvelles sources d’avantage concurrentiel. Cette évolution sera amplifiée par la montée en puissance de l’IA agentique, capable de planifier et d’exécuter des tâches analytiques de manière autonome.

Toutefois, cette facilitation risque de se heurter à deux écueils majeurs. En premier lieu, le “workslop”, c’est-à-dire des livrables superficiellement corrects mais dépourvus de profondeur. En effet, la facilité avec laquelle l’IA produit du contenu tend à inciter certains collaborateurs à l’utiliser mécaniquement, sans réflexion critique, ce qui entraîne une inflation de contenus de qualité médiocre. Cette dérive est d’autant plus insidieuse qu’elle peut être difficilement détectable. Second écueil, le “shadow AI”. Face à des outils officiels jugés trop restrictifs (voire à l’absence d’outils d’IA disponibles), de nombreux collaborateurs se tourneront de plus en plus vers des solutions non approuvées, exposant leur organisation à des risques considérables en matière de confidentialité des données et de conformité réglementaire.

Troisième principe clé: l’IA endossera le rôle de partenaire collaboratif, fondé sur des interactions humain-IA équilibrant efficacité algorithmique et jugement contextuel. En d’autres termes, l’humain s’appuie sur l’IA pour être plus efficient, mais il reste au contrôle en conservant la décision finale d’utiliser ou non les productions IA. Formaliser ce rôle permettra de limiter le workslop et de servir de gage de qualité aux clients. Cela permettra de répondre à une demande croissante de garanties contractuelles attestant qu’un travail a été substantiellement réalisé ou retravaillé par des humains. On peut imaginer l’émergence d’un label “human-verified”, qui deviendra un gage de qualité pour certains clients.

Dernier principe clé : nous considérons que des boucles d’apprentissage dynamiques permettront aux humains et à l’IA d’évoluer ensemble, chacun alimentant l’autre. Mais cette co-évolution est menacée par un angle mort. 2025 a montré que des tâches traditionnellement confiées aux juniors étaient de plus en plus dévolues à l’IA, les empêchant d’acquérir l’expérience nécessaire pour devenir les experts de demain. Tant les entreprises que les écoles devront donc inventer de nouveaux parcours de formation sous peine de fragiliser durablement leur vivier de talents. L’avantage concurrentiel appartiendra ainsi aux organisations qui sauront intégrer l’IA dans un projet humain de manière cohérente.

Retrouvez les analyses de Loïc PLÉ (qui intervient das le parcours certifiant « Leaders Data / IA » ) et Jonas DEBRULLE, auteurs de nouveau livre : « Mastering AI for Strategic Business Success ».

Cybersecurité ­- Christine ABDALLA MIKHAEIL

Les deepfakes vont transformer la désinformation en une cyberarme à grande échelle

En matière de cybersécurité, l’un des principaux risques que les dirigeants d’entreprises et d’organisations devront prendre en compte est celui posé par les deepfakes.

Les deepfakes sont passés du statut de nouveauté à celui d’infrastructure pour la désinformation et la cyberguerre. Les fichiers audio, vidéo et texte générés par l’IA seront bon marché, rapides et suffisamment convaincants pour éroder la confiance à grande échelle, non seulement dans le discours public, mais aussi au sein des entreprises et des gouvernements. 

L’impact le plus dommageable ne viendra pas d’un seul deepfake spectaculaire, mais d’une ambiguïté persistante : l’incapacité de vérifier avec certitude ce qui est réel dans les moments qui exigent des décisions rapides.

Les entreprises et les autres parties prenantes devront de plus en plus intégrer les risques liés aux deepfakes dans leurs opérations de cybersécurité. Nous allons voir des campagnes coordonnées où de fausses voix de dirigeants déclencheront des transferts frauduleux, où des déclarations militaires ou politiques inventées déstabiliseront les marchés, ou encore où des « fuites » synthétiques amplifieront les tensions sociales avant les élections ou les crises. Les deepfakes seront associés à des cyberintrusions, des vols de données et des opérations psychologiques pour maximiser la confusion et retarder les réponses efficaces des organisations.

Le changement de stratégie est clair : la cyberguerre va viser autant la cognition humaine et la confiance que les systèmes et les données. Pour y faire face, les organisations auront besoin de plus que des outils de détection. D’ici 2026, la cyber-résilience des organisations dépendra de la gouvernance, des protocoles de vérification prédéfinis, de l’authentification d’identité pour les communications critiques et de la formation des cadres en vue de travailler dans l’incertitude. La confiance deviendra à la fois un atout en matière de sécurité et une cible privilégiée pour les attaques.

Retrouvez les analyses de Christine ABDALLA MIKHAEIL qui intervient dans le Certificat “Manager la Cybersécurité”.

Coaching-Leadership-Transformation – Jacques ANGOT

La fin du coaching “amélioratif” : place au coaching de désapprentissage

La grande tendance 2026 sera paradoxale : le coaching ne visera plus à développer des compétences, mais à désapprendre. Désapprendre des réflexes managériaux hérités d’un monde stable, hiérarchique et prévisible… qui n’existe plus.

Aujourd’hui les dirigeants arrivent souvent en coaching avec des compétences obsolètes : contrôle excessif, pilotage par indicateurs, illusion de maîtrise. Ces compétences ont fait leur succès hier, mais deviennent leurs principaux freins aujourd’hui.

Le coaching de 2026 s’attaquera donc aux automatismes invisibles : besoin de contrôle, sur-responsabilisation, posture de sachant. Le mentorat évoluera vers un rôle de miroir exigeant, capable de mettre en lumière ce qui doit être abandonné, pas seulement renforcé. La grande transformation humaine ne sera pas spectaculaire. Elle sera discrète car elle consistera à un délestage stratégique.

En 2026, les organisations les plus avancées ne demanderont plus “Comment faire mieux ?”mais “Qu’est-ce que nous devons cesser de faire pour rester vivants (et authentiques) ?”

Retrouvez les analyses de Jacques ANGOT qui intervient dans le Certificat “Coach et mentor pour la transformation


Photo: istock – peterschreiber.media


Catégorie(s)

Big Data & IAManagement & SociétéSystèmes d’information, Technologie & Industrie


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Jacques ANGOT

Jacques ANGOT

Entrepreneuriat - Coaching - Leadership

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